L'affaire de la date : Les faits.

Publié le par Philemon

 

 

Pour saisir complètement cette affaire, bien dans la continuité des pataquès qui émaillent l'histoire de Rennes le Château, il faut se reporter deux ans en arrière, au moment où Franck Daffos sort son livre "Le secret dérobé" aux éditions ODS.

 

Ce livre, sans juger de sa pertinence est à coup sûr une bouffée d'oxygène pour le monde de RLC, dévasté par la tornade Dan Brown. L'affaire vivotait avec ses chapelles, ses associations, toutes plus ou moins concurrentes, ses colloques… bref, hormis pour les chercheurs, pour les hommes de livres ou de terrain, on s'emmerdait ferme ! Et les plus en vue de ces chercheurs sont d'ailleurs ceux qui affirment qu'il n'y a rien.

 

Des chercheurs déçus, qui un peu à l'image de Cherisey, décrètent que puisqu'ils n'ont pas trouvé, c'est qu'il n'y a rien ! Et ils remettent en cause ce que la veille ils ont tant désiré… le trésor !

 

Ces gens commencent à bâtir la légende du Curé Bérenger Saunière, plus celle du curé au milliards, mais celle de l'homme qui nous a fait rêvé !

 

Daffos arrive là dedans avec une théorie neuve qui présente l'avantage de ne se baser sur ce que l'on connaissait, dépouillé de ces scories romanesques, évitant les ficelles anticatholiques traditionnelles ou les lignées royales foireuses.

 

Le Da Vinci Code ayant amené à Rennes des autobus de touristes (on parle de Chinois pour la prochaine saison), les appétits municipaux ont décuplés, les sites officiels et de référence se sont développés et la guerre a commencé…

 

Ce n'est pas l'histoire de cette guerre dont on va parler, mais d'une de ses batailles… une bataille qui montre jusqu'où on peut aller pour gagner... ou pour y perdre son âme...

 

Encore une fois sans développer la théorie de Franck Daffos, on peut simplement dire qu'il a réorienté totalement cette affaire, il en a fait une histoire de prêtres, régie par les lois ecclésiastiques et codée selon les traditions de l'Eglise. En plus, il a fait un livre qui contrairement à beaucoup ne reprend pas la liste des 50 précédents ouvrages sur RLC, en fait un résumé de 220 pages, et nous donne une conclusion personnelle de 15 lignes. C'est une œuvre originale.



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Dans son argumentaire, un tableau se trouvant dans l'église de Rennes les Bains est selon lui important, il s'agit de la Crucifixion, que l'auteur du Secret dérobé attribue à un prêtre, le chanoine Gasq… l'auteur décrit les toiles dans son livre (p 139) : "Ces deux œuvres, dont le talent n'est certes pas absent, sont d'une facture assez banale", c'est à peu près la seule chose sur laquelle sont d'accord les datistes et les thomasistes (ceux qui veulent voir).

 

Parce que pour le reste… c'est ici que se situe "l'affaire de la date".

 

Dans le dernier "Parle-moi de RLC" de Patrick Mensior, on trouve ceci...

 

"Il met par ailleurs sérieusement en doute le fait que l’autre tableau de l’église, la Crucifixion, soit de Henri Gasc. Une date figure du reste sur cette œuvre, 1816, à mettre au regard de la date de naissance de l’auteur présumé, 1807 !"

 

Il est évident que cette affirmation rejette la théorie de Franck Daffos (au moins une partie du volet Gasq) au rang des plantarderies… non que sa thèse en soit totalement détruite, mais le fait même qu'il n'aurait pas vu cette date était la preuve qu'il n'avait pas approfondi les choses.

 

Cette information, selon Mensior viendrait de Julien Gertal qui a donné à la fin de l'année dernière un "document" (c'est comme cela qu'il est classé sur le site hébergeur !) pompeusement titré :

"L’Analyse Infographique de la Tentation de St Antoine de Notre Dame de Marceille", que nous détaillerons dans une prochaine rubrique… l'énormité de la chose (cette étude !) mérite un chapitre : La Bataille des Tableaux !

 

Un photographe professionnel se rend à l'église de Rennes les Bains pour photographier le tableau en question, et bien sûr cette date : 1816 ! Il revient chez lui développe les tirages, et constate qu'il n'y a rien qu'il ne savait déjà, il prend ses plus beaux doigts et écrit sur son clavier :

 

- Je ne vois pas la date, pourriez vous m'indiquer où elle se trouve !

 

Julien Gertal, comme à son habitude, la joue "Qu'est-ce que c'est que ce plouc ?"

 

Il commence par lui dire que le photographe s'est trompé de toile (!), qu'il a confondu les fichiers, qu'équipé pour faire des mariages, et des photos érotiques, il ne comprend pas que ce cul terreux vienne lui chercher des noises… "J'ai un ordi avec refroidissement liquide !"

 

Mais l'autre est un teigneux, "Je me fous de ce que vous pouvez faire avec une bécane, mais moi je connais mon métier, et je vous dit que je ne vois pas de date !"

 

Patrick Mensior, sans doute après avoir échangé avec Gertal, propose, pour prouver sa bonne foi, que les deux photographes se retrouvent à RLB et que sur place, ils constatent ! Celui qui ne voit pas accepte, celui qui voit refuse : "J'ai pas que cela à faire !"

 

Mais, il se fend, première reculade, d'un "En fait, on voit difficilement, faiblement une date après avoir séparé les couches… mais je confirme (presque) on dirait un 1816".

 

Tout le mode sur le forum a compris, que l'on détaille peut être quelque chose après un bidouillage des fichiers… mais que cette date n'est pas visible ! Au moins pas dans le sens de la définitive avance de Mensior : "Une date figure du reste sur cette œuvre, 1816…"

 

Mais le photographe qui ne voit pas est non seulement un teigneux, mais peut être est-il un peu vicelard, après avoir fait semblant de baisser les armes, et accepter le match nul, il revient sur le forum et annonce :

 

- Je viens de recevoir la revue éditée par TDR (Terre de Rhedae), il y a aussi un article de Patrick Mensior sur la peinture, avec aussi la Crucifixion, et aussi un texte sur la date… mais là, cela ne va plus, parce on me dit que c'est à cause des photographies qu'on ne peut voir clairement la date, mais que si on va à l'église… moi, je suis allé à l'église, et j'ai pas vu la date...

 

Le texte exact qui accompagne la photo de TdR (joint ci dessous) :



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"… l'année 1816 a été entourée et réinscrite au dessus pour signaler au lecteur, qui se rendrait prochainement dans l'église de RLB, l'endroit où elle figure car la qualité des photographies ne permet pas de la distinguer clairement."

 

Je dis que le photographe qui ne voit pas est vicelard, parce qu'il y avait belle lurette qu'il possédait le journal en question (TdR)… et qu'il savait pertinemment que les concepteurs de cette embrouille allait s'orienter vers l'infographie pour expliquer pourquoi on ne voyait pas la date ! Mais voilà, dans l'article de TdR, on envoie les lecteurs constater de visu… "pour signaler au lecteur, qui se rendrait prochainement dans l'église de RLB, l'endroit où elle figure…" on ne peut être plus "clair" !

 

Deux constatations, l'église de RLB est interdite à la visite depuis longtemps, et l'endroit entouré où on "verrait" la date est différent sur la photo de TdR et sur une photo mise en ligne par Gertal.

 

Le Gertal, qui courageusement quitte les forums, se mettant en hibernation de débat de date, pour ouvrir un topic sur la dénonciation auprès des tribunaux… conseils, fautes à éviter, instance à saisir pour avoir plus de sous...

 

Patrick Mensior reste seul à bord pour défendre sa date ! Sa femme interviendra bien, mais son tacle ne fut pas très technique… on sentait l'absence de compétition.

 

Il ne voudra rien dire de cette manipulation, renvoyant à un rendez vous des deux photographes en septembre…

 

Alors pourquoi prendre le risque d'une telle manipulation si facilement démontable; sans bouger de leur fauteuil quelques internautes ont réussi à régler son compte à cette date, pourquoi, un monsieur comme Patrick Mensior est-il monté dans cette galère ?

 

On en revient au livre de Franck Daffos. Mensior depuis sa sortie essaye de démolir les arguments soutenant le Secret dérobé, c'est son droit le plus strict. Mais il faut bien dire qu'après avoir remué des tonnes de vieux papiers, relu, sans doute, des dizaines de livres il n'est pas arrivé à grand-chose… rien de définitif, en tout cas !

 

Pour nier que le baron d'Hauptoul ait pu trouver un trésor, il est allé rechercher un contrat de prêt qu'aurait signé Blaise. Certes, mais cela ne prouve qu'une chose, qu'il a obtenu un prêt ! Comme on sait aussi que Blaise a voulu doter richement ses fils, c'était peut être un moyen pour prouver l'origine des fonds… ce qui prouve aussi qu'il avait au moins des garanties… mais en aucune façon, ce prêt ne prouve quoique ce soit dans la découverte ou la non découverte d'un trésor… et le reste des arguments est à l'avenant… des faits, certes, mais qui ne prouvent rien !

 

Sauf la date !

 

Bien sûr, si l'auteur du tableau a indiqué 1816 sur son œuvre (!), il était difficile pour Gasq, né juste avant, de le revendiquer…  et encore que rien n'empêchait Gasq de marquer 1816, cette date n'aurait pas été celle de confection de la toile… mais quand même, cette date si elle existe, est ennuyeuse !

 

La meilleure preuve, c'est que dans la présentation de ses articles Mensior ne parle que d'elle… ce n'est faire injure à personne que de dire que ses présentations sur le web, dans les revues de presse sont plus lues que les ouvrages eux-mêmes !

 

Le risque était donc calculé. Il s'agissait de faire passer des messages faux : "Il y a une date sur le tableau de RLB, qui ruine la théorie de Franck Daffos", avec derrière la titraille, des arguments bidons, que de toutes manières on jugerait inutiles, puisque la date règle définitivement le compte du Secret dérobé !

 

"Une date figure du reste sur cette œuvre, 1816, à mettre au regard de la date de naissance de l’auteur présumé, 1807 !"

 

Le "du reste" est significatif de la volonté de l'auteur à ne faire retenir que cela à ses lecteurs.

 

 

 

Mais voilà, un photographe et un auteur (?) veillaient...


Philemon

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Publié dans Polémiques

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